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Par Amina Dakhia-Benelhadj

Archive pour la catégorie '1ère année: Lecture des Textes Littéraires'

Comment étudier un poème?

Posté : 16 janvier, 2009 @ 7:39 dans 1ère année: Lecture des Textes Littéraires | 2 commentaires »

COMMENT ETUDIER UN POEME ?  

1- Le vers : 

Le vers se définit couramment comme étant une disposition particulière des éléments d’un texte (blanc typographique et retour à la ligne, usage du rythme et des sonorités et, pour le vers régulier, décompte des syllabes). 

Le vers régulier : il s’agit de compter les syllabes et de s’attacher au jeu des rimes. 

Le vers libre : même si la rime est présente, on parlera plus de rythme et de sonorités. Le poème en vers est formé le plus souvent de strophes, et le poème en prose est un texte poétique construit en paragraphes (employé à partir du XIXe siècle). 

2- La strophe : 

La strophe est un groupement organisé de vers pouvant comporter une disposition particulière de rimes. Il existe plusieurs types de strophes : 

3. La structure du texte : 

Il s’agit de la construction d’ensemble d’un poème, organisé en strophes. Ces strophes peuvent être régulières (tercet pour trois vers regroupés, quatrain pour quatre vers, quintil pour cinq vers, etc. — 

4. Le mètre : 

C’est le nombre de syllabes d’un vers. Notez qu’on ne compte pas le « e » final et que, dans le vers, le « e » muet compte s’il est suivi d’une consonne ou d’un « h » non aspiré, et ne compte pas avant une voyelle ou un « h » aspiré. 

Les types de vers les plus courants sont l’octosyllabe (huit syllabes), le décasyllabe (dix syllabes), l’alexandrin (douze syllabes). 

5. Le rythme : 

Il s’agit de la succession des accents d’intensité qui frappent un mot ou un groupe de mots et permettent de former des mesures. L’accent est l’augmentation de l’intensité de la voix sur une syllabe. 

 

6. La coupe : 

Il s’agit, dans un vers, de la séparation entre deux mots, séparation qui marque la fin d’une mesure. En général, il y a une coupe majeure qu’on appelle césure et des coupes mineures. 

Exemple : dans l’alexandrin classique, la césure est au centre (6/6) : les deux moitiés de vers s’appellent alors des hémistiches

7. La rime : 

Il s’agit du retour, à la fin de deux ou plusieurs vers (ou hémistiches), de la même consonance de la terminaison accentuée (voyelle et consonne qui suit) du mot final. 

Lorsque l’on étudie la rime, il faut observer : 

-         Le genre de la rime : les rimes féminines sont toutes les rimes qui se terminent par un « e » non accentué, même si après le « e » figure une marque du pluriel. Toutes les autres rimes sont appelées rimes masculines. La versification classique impose l’alternance des rimes masculines et féminines. 

-         La qualité de la rime : la rime riche se compose de trois sons communs. La rime suffisante comporte deux sons en commun. Enfin, la rime pauvre est celle où il n’y a qu’un son en commun. 

-         La nature de la rime : les rimes plates ou suivies sont celles qui sont couplées deux à deux (AABB). Les rimes embrassées, quant à elle, sont enchâssées l’une dans l’autre (ABBA). Enfin, les rimes croisées sont celles qui sont alternées (ABAB). 

 

8. Allitération et assonance : 

C’est la répétition d’un même son dans le vers, que ce soit une consonne (allitération) ou une voyelle (assonance). 

 

9. Enjambement : 

L’enjambement se dit d’une phrase ou d’un segment de phrase qui continue au vers suivant sans que l’on puisse marquer un temps d’arrêt. Lorsque cette phrase (ou ce segment de phrase) s’achève juste au début du vers suivant, on parle de rejet et quand elle débute à la fin du vers, on parle de contre-rejet

 

10. La métaphore : 

C’est une analogie, un rapprochement qui est fait entre deux mots ou deux idées afin de suggérer une réalité nouvelle ou de faire surgir une image. 

La métaphore n’utilise aucun mot de comparaison : le mot comparé est mis en relation immédiate avec le comparant. La métaphore peut même exister en l’absence du comparé (on dit alors métaphore in absentia). 

11. Les autres figures de style

a- La comparaison : 

C’est le rapprochement fait entre deux termes apparemment éloignés dans le but de susciter une idée nouvelle. Ce rapprochement s’opère à l’aide d’un terme de comparaison ou d’une expression marquant ce rapprochement. 

b- La personnification : 

Elle consiste à faire d’un objet ou d’un être inanimé un être vivant. 

c- L’allégorie : 

Il s’agit d’une représentation d’une idée abstraite sous une forme concrète, le plus souvent animée. 

d- L’oxymore : 

C’est le rapprochement dans une même expression de deux mots de sens opposé.

  T.D. 01: L’AlbatrosSouvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers. 

5 À peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d’eux. 

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
10
 Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid !
L’un agace son bec avec un brûle-gueule,
L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait ! 

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l’archer ;
15
 Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher. 

Charles Baudelaire (1821-1867), Les Fleurs du Mal (1857), II.

ANALYSE DE TEXTE 

- Le poète : Baudelaire est né en 1821. Il s’éteint 46 ans plus tard, soit en 1867. Poète maudit du XIXème siècle, Baudelaire est considéré comme le précurseur de la poésie moderne. Ses deux célèbres recueils de poésie sont : Les Fleurs du Mal et Le Spleen de Paris  Analyse formelle du poème : 

Ce poème est composé de 04 strophes. Chaque strophe se compose de 04 vers. Il s’agit donc de quatrain.Chaque vers se compose de 12 pieds. Il s’agit donc d’alexandrins.

 Le rythme : 

Sou/vent/, pour /s’a/mu/ser/, les/ hom/mes/ d’é/qui/page : 12 

Pren/nent/ des/ al/ba/tros/, vas/tes/ ois/eaux/ des/ mers, : 12
Qui/ sui/vent/, in/do/lents/ com/pa/gnons/ de/ voy/age, : 12 

Le/ na/vi/re/ gli/ssant/ sur/ les/ gou/ffres/ a/mers. : 12 

À/ pei/ne/ les/ ont/-ils /dé/po/sés/ sur/ les/ planches, : 12
Que/ ces/ rois/ de/ l’a/zur,/ ma/la/droit/s et/ hon/teux, : 12
Lai/ssent /pi/teu/se/ment/ leurs /gran/des/ ail/es/ blanches : 12
Com/me/ des/ a/vi/rons/ traî/ner/ à/ cô/té/ d’eux./ 12 

Ce/ voy/a/geur/ ai/lé/, comme/ il/ est/ gauche/ et/ veule !: 12
Lui/, na/guè/re/ si/ beau/, qu’il/ est/ co/mique/ et/ laid !: 12
L’un/ a/gace/ son/ bec/ a/vec/ un/ brû/le/-gueu/le/, : 12
L’autre/ mi/me/, en/ boi/tant/, l’in/fir/me/ qui/ vo/lait !: 12 

Le/ Po/ète/ est/ semb/lab/le/ au/ prince/ des/ nu/ées : 12
Qui/ han/te/ la/ tem/pête/ et/ se/ rit/ de/ l’ar/cher ; 12
E/xi/lé/ sur/ le/ sol/ au/ mi/lieu/ des/ hu/ées, : 12
Ses/ ai/les/ de/ gé/ant/ l’em/pê/chent/ de/ mar/cher : 12 

-         Les rimes : 
Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des
mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage
,
Le navire glissant sur les gouffres amers

5 À peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux
,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d’eux

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !

10 Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid !
L’un agace son bec avec un brûle-gueule,
L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait ! 

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l’arche
r ;
15 Exilé sur le sol au milieu des huées
,
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher
Les rimes du poème sont des rimes croisées : 

*      Dans le premier quatrain : les deux rimes sont suffisantes, la première féminine, le deuxième masculine.  *      Dans le deuxième quatrain : la première rime est suffisante et féminine, la deuxième est pauvre et masculine.  *      Dans le troisième quatrain :  la première rime est suffisante et féminine, la deuxième est pauvre et masculine. 

*      Dans le quatrième quatrain : la première rime est suffisante et féminine, la deuxième riche et masculine.  - Sonorité : 

*      Nous relevons dans la première strophe une double allitération des deux sons [s] et [z] qui se répètent 11 fois.  *      Même chose pour la seconde strophe où les deux sons se répètent 08 fois.  *      Nous relevons dans la troisième strophe une allitération du son « L » qui se répète 12 fois. *      Même chose pour le 4ème strophe où ce même son se répète 10 fois.  Progression thématique: 

*       La première strophe met en scène la capture de l’albatros au grand bonheur des marins.  *       La deuxième strophe est marquée par l’appontage forcé de l’albatros. *       La troisième strophe accentue l’humiliation de l’albatros qui perd sa dignité dans les jeux des marins. 

 *       Dans la quatrième strophe et à l’aide d’une métaphore, le poète révèle sa vision du poète, il se voit comme étant différent et à l’écart de la société.  *       Nous pouvant également parler d’allégorie dans la solidification de l’endroit marin, ce qui instaure une dégradation. 

 

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